Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

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Petite note d’Histoire : l’achat de l’Alaska


L'achat de l'Alaska par les États-Unis, le 9 avril 1867, est un évènement marquant de l'Histoire américaine, qui a non seulement agrandi le territoire du pays, mais a aussi ouvert la voie à des richesses inestimables. Cet acte, souvent perçu comme un coup audacieux, a été le résultat de considérations politiques, économiques et stratégiques.


Au XIXe siècle, l’Alaska était une terre occupée par la Russie, peu peuplée et difficile à défendre. Les Russes, inquiets de la possibilité d’une invasion britannique à partir du Canada, cherchaient à se débarasser de ce territoire éloigné et sans continuité avec ses possessions sibériennes. En parallèle, les États-Unis, sous la présidence d’Andrew Johnson (1808-1875), désiraient étendre leur territoire vers l’ouest et, pour des raisons stratégiques, renforcer leur position en Amérique du Nord.


De son côté, en cédant l’Alaska, la Russie pourrait se focaliser sur son expansion sibérienne et le recul de la frontière avec la Chine en Extrême-Orient russe (Fondation du port de Vladivostok en 1859).

Le tsar Alexandre II préfèrerait céder aux Américains, avec lesquels il n’a aucun grief, ce territoire sans grand intérêt apparent. De plus, aux prises avec de graves difficultés intérieures (Conséquences de la défaite dans la guerre de Crimée en 1856, abolition du servage en 1860, contestée par la noblesse…), et en conflit avec les Britanniques en Asie centrale, il craignait que Londres n’en vienne à s’emparer de l’Alaska.


En 1867, le secrétaire d’État William Henry Seward entame des négociations avec le baron russe Edouard de Stoeckl, ambassadeur à Washington. Après quelques mois de négociations, la vente de l’Alaska, conclue pour 7,2 millions de dollars. Comme le gouvernement fédéral américain ne disposait que de deux millions de dollars (sur les 7,2 millions), il dut emprunter le reste de la somme à la Riggs Bank dont le siège social se trouvait aux États-Unis.

Cette transaction représente un agrandissement de 20 % du territoire des États-Unis de l'époque !


Cet accord a connu des détracteurs dans au sein du Congrès américain et de la population : on raillait une « folie pour une telle glacière», le «jardin aux ours polaires » d'Andrew Johnson.Comme le gouvernement fédéral américain ne disposait que de deux millions de dollars (sur les 7,2 millions) pour acheter l'Alaska, il dut emprunter le reste de la somme à la Riggs Bank dont le siège social se trouvait aux États-Unis.  mais finalement le 9 avril 1867, le Sénat ratifie cet accord.


Rapidement, cet achat s’avère être une décision judicieuse.

Cette transaction apporte un agrandissement de 20 % du territoire des États-Unis de l'époque !

L’Alaska possède d’importantes ressources naturelles, notamment des réserves de pétrole, de gaz naturel, d’or et de minerais. Dans les décennies qui suivent cette transaction, ces richesses vont participer grandement à l’économie américaine et jouer un rôle clé dans leur développement.


De plus, l’Alaska présente des avantages stratégiques : accès à l’océan Arctique et la mer de Béring, ce qui sera particulièrement important durant la guerre et les relations internationales futures. La position stratégique de ce territoire permet aux États-Unis de surveiller et contrôler les voies maritimes du entre l’Asie et l’Amérique.


L’achat de l’Alaska a également eu des conséquences culturelles et sociales profondes sur les populations autochtones (Moins de 25.000 habitants à cette époque) qui habitaient ce territoire depuis des millénaires.

L’arrivée des colons américains entraîne des changements significatifs dans leurs modes de vie, souvent au détriment de leurs cultures et traditions. Les tensions entre les populations indigènes et les nouveaux colons sont inévitables.

Seuls des trappeurs blancs exploitèrent les richesses en gibier à fourrure, notamment en phoques. L'exploitation aboutit au massacre massif des animaux, ce qui eut pour effet de réduire l'économie et la subsistance des autochtones.

À la fin du XIXe siècle, la région suscita plusieurs ruées vers l’or, surtout entre 1885 et 1907. Les populations autochtones se trouvèrent dans une situation de plus en plus inconfortable, face aux villes champignons peuplées d'aventuriers blancs qui surgissent un peu partout, en spoliant leurs biens.


Cette acquisition territoriale est un exemple emblématique de la vision expansionniste qui a caractérisé le XIXe siècle américain. Controversé à l’époque, cet achat a ouvert la voie à un développement économique et stratégique majeur.


Rattachée administrativement à l'Oregon jusqu'en 1884, puis organisé en "district de l'Alaska", ce territoire est aujourd’hui, non seulement le plus grand état des États-Unis (Ce territoire est devenu le 49e état de l’Union en 1959), mais aussi un symbole des opportunités et des défis que représente l’expansion territoriale.


L’héritage de cet achat continue d’influencer les politiques, l’économie et la culture des États-Unis.





Philippe CAUNOIS - Janvier 2026


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