Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé

Une conférence riche d’enseignements.
Ce samedi 14 février 2026, devant un auditoire particulièrement réceptif, Patricia DOUIEB, avocate honoraire au Barreau de Paris, nous a proposé une vision positive du rôle complexe de la justice et des avocats, dans un contexte de discrédit de l’institution qui suscite interrogations.
Pourquoi autant de débats, de polémiques, d’incompréhensions des citoyens à l’énoncé des jugements ou des arrêts rendus par l’institution judiciaire ?
La méconnaissance du fonctionnement de la justice, combinée à des préjugés culturels, pourrait expliquer cette situation délétère.
Il convient avant tout, de distinguer le Droit de la Justice. Le Droit regroupe les règles établies par la société notamment sous forme de codes (code du travail, code fiscal, code de la famille…) tandis que la Justice garantit l'application des règles de droit.
Par ailleurs le droit privé se scinde en droit civil et droit pénal.
Le droit civil régit le droit des contrats, des biens (droit de la famille, droit de successions, droit de la consommation,… et la responsabilité civile. Celle-
A titre d’exemple : le prêt de voiture constitue de facto un contrat, même en l’absence de rédaction formelle, il crée une obligation de restitution implicite du véhicule prêté à son propriétaire. A défaut, le contrat n’est pas respecté.
En droit pénal, les contraventions sont jugées par le tribunal de police, les délits (comme le vol) par le tribunal correctionnel, et les crimes (tels que le viol, l’attentat ou le meurtre) par la cour d’assises. L'infraction n’est constituée que si trois éléments sont réunis : l'élément légal (prévu par la loi), l'élément matériel (comportement réprimé) et l'élément moral (intention volontaire). L’accident de voiture (involontaire) ne relève donc pas du droit pénal.
À terme, ce sont les magistrats (juges et procureurs) qui rendent la justice sous forme de jugements (prononcés par les tribunaux) et d’arrêts (prononcés par les cours d'appel, lors du réexamen d’affaires)
La perception de ces jugements et arrêts divergent souvent de « l’idée de justice » communément admise par l’opinion publique, influencée elle-
À commencer par la littérature où Jean de La Fontaine qui dans « les animaux malades de la peste », met en scène le lion qui ordonne le sacrifice du plus faible ( l’âne) pour une faute mineure « avoir brouté l’herbe du pré du roi ». Moralité : "Selon que vous serez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir." (Les jugements de cour sont liés au statut social).
Et puis Molière qui, dans « les Fourberies de Scapin » et dans « le Misanthrope », témoigne du difficile exercice de la justice, ou encore, Racine qui s’en moque continûment dans « les Plaideurs ».
Cette critique se retrouve dans certains films de cinéma comme, notamment, dans: « 12 hommes en colère » (renversement du verdict) ; « Kramer contre Kramer » (basculement de la garde d’enfant) ; « l’affaire Dominici » ; « Anatomie d’une chute » (vérité relative, valeur de la parole) ; « Erin Brockovich » (importance du recours collectif).
À cela s’ajoute le retentissement médiatique de grandes affaires tant politiques, qu’économiques ou criminelles, et leur impact émotionnel comme par exemple le Procès Pétain, le procès Klaus Barbie, les Procès terroristes ou économico-
Notre attention a également été attirée sur l’importance du rôle des avocats face à la complexité des dossiers de procédures, à la nécessité de maîtriser un raisonnement critique pour éviter l’influence des biais personnels, des préjugés moraux, sociaux, raciaux, genrés,…, et dans les affaires familiales, à la nécessité d’intégrer la dimension humaine, émotionnelle, tout en maintenant l’équité parentale (garde d’enfants).
Un temps d’échange fructueux a permis de soulever de nombreuses interrogations concernant notamment :
Tout en soulignant le besoin récurrent de justice dans toute les cultures, Patricia DOUIEB a clos sa présentation par une phrase de l’historien Marc BLOCK: « les juges et les historiens partagent, en commun, la recherche de la vérité».
Nous remercions Patricia DOUIEB pour son propos dynamique, richement illustré de situations vécues au cours de sa carrière d’avocate; son regard tout à la fois humoristique et humain a captivé l’assistance.
Marie-

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