Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

Musée : 31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne    I     Horaires : mercredi et samedi après-midi de 14H00 à 17H00

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L’Association Villiéraine Historique et Culturelle Guillaume Budé


a organisé la conférence « Quand les immigrants inventaient l’art moderne


à la salle Émilie Carles, le samedi 13 décembre 2025, à Villiers-sur-Marne.


Elle a été animée par Marie-France LAVALADE, historienne de l'Art, spécialiste des 19ème et 20ème siècles.


Diplômée de l’École du Louvre, conférencière des musées nationaux et professeure à l’École du Louvre, Marie-France LAVALADE se consacre à l’écriture de livres sur l’histoire de l’art, et en particulier sur les liens entre les arts visuels et la littérature.


Tout au long de l’année, vous pourrez découvrir, à l'intérieur du musée Émile Jean, des collections et des expositions sur le thème Archéologie / Histoire (Programme de l'Association Villiéraine Historique et Culturelle Guillaume Budé).



On ignore bien souvent que sous les appellations françaises de fauvisme, cubisme, futurisme, expressionnisme, se cachent les influences pionnières d’artistes immigrés à la fin du XIXe, et au début du XXe siècles. C’est ce que nous a magistralement démontré M.F Lavalade lors de sa conférence du samedi 13 décembre, devant un public captivé et nombreux .

Attirés par la réputation de Paris, alors capitale intellectuelle et poussés par des conditions politiques insécures, nombreux sont ces jeunes artistes, souvent miséreux, venus exprimer leur art dans le refuge parisien.


De la Ruche d’Eiffel, héritée de l’exposition universelle de 1900 qui accueillait les plus pauvres d’entre eux jusqu’au Bateau Lavoir, Paris leur offre des conditions propices à l’innovation artistique. Ils sont aussi soutenus par des revues, quelque peu provocatrices, voire anarchistes, comme l’Assiette au Beurre ou le Charivari, par des galeristes avertis tels Pere Manach , Daniel-Henry Kahnweiler ou Berthe Weil, qui donna sa chance à l’italien Amadeo Modigliani. Sans oublier le rôle des célèbres salons d’automne et celui des critiques comme Guillaume Apollinaire ou Blaise Cendrars, soutiens enthousiastes de ces arts nouveaux. Ainsi le néerlandais Kees Van Dongen illustre-t-il avec le « portrait de Fernande Olivier », l’éphémère FAUVISME, avec ses couleurs éclatantes, et la russe Sonia Houde-Delaunay qui n’eut de cesse de s’effacer derrière le talent de son mari Robert Delaunay. L’influence des arts premiers venus d’Afrique poussa les peintres vers une simplification artistique, seul gage selon certains, de la beauté parfaite : ainsi « les demoiselles d’Avignon » ( 1907) de l’espagnol Pablo Picasso instaurent- elles une véritable révolution artistique en supprimant tous les détails de l’individualité, principes que l’on retrouve chez le sculpteur roumain Constantin Brancusi, venu à pied de Bucarest et sa « muse endormie », la baronne Frachon. De la simplification naît le CUBISME, qui transpose le réel en formes géométriques dont seules les arêtes prennent la lumière.


Le japonais Léonard Foujita, mais aussi Fernand Léger avec son « Medrano », font hommage au cubisme tout comme le hongrois Joseph Csaky interprétant à sa manière, cônes, disques et cylindres. Poursuivant leur expérimentation, les peintres se lancent dans une véritable avant-garde avec le FUTURISME qui se libère de toute forme conventionnelle, s’oppose au cubisme et exalte le mouvement, le fractionnement des couleurs et les éléments du modernisme. L’italien Gino Severini en sera un temps le porte-étendard. Peu ou prou détachés de ces nouvelles écoles, certains peintres élaborent leur propre langage pictural, tel le russe Marc Chagall avec « A la Russie aux ânes et aux autres » ou l’italien Modigliani et son « nu à la fenêtre ».

Nombre de ces hommes venus d’ailleurs et perçus à l’étranger comme Français, même si tous n’adoptèrent pas la nationalité française, s’engagèrent néanmoins dans les rangs français lors de la première guerre mondiale. Une guerre qui devait changer leur perception du monde et sa représentation artistique : ainsi naquit l’EXPRESSIONNISME, d’origine allemande et balte, riche de couleurs chaudes, destiné à provoquer des sentiments puissants venus « des tripes » chez le spectateur , comme le traduisent Chaïm Soutine, Michel Kikoïne et Pinchus Krémègne. A l’opposé, là où ne subsistent que des formes et des couleurs, au détriment de toute représentation, l’ABSTRACTION faisait son entrée avec l’allemand Otto Freundlich venu en France restaurer les vitraux de la cathédrale de Chartres et qui par son art, ouvrait logiquement la porte au SURREALISME, de Georgio de Chiriquo.


Grand merci à notre conférencière qui, en termes clairs, images à l’appui, nous a dévoilé l’horizon d’une évolution artistique complexe, devenue lumineuse et sédui-sante, soulignant, une fois encore le rôle des artistes immigrés apportant leur richesse humaine et intellectuelle.


Le public fut également sensible à quelques traits d’humour opportuns qui émaillèrent son discours.


À quand la suite au-delà des années 1920 ?


Danièle Abraham-Thisse