Envie de Lire : Johan BOURRET, Dans la gueule du loup.


BOURRET Johan, Dans la gueule du loup, Éditions de la Seine, 2003, 260 pages, suite du livre « Quand les loups rôdent ».


Livre surprenant, à tel point que je me suis demandée s’il n’y avait pas eu deux écrivains. Au début, on pense avoir à faire à une romance classique sur la deuxième guerre mondiale. On s’embarque confortablement dans l’histoire, comme on le ferait d’un livre d’aventures : la deuxième guerre mondiale n’est-elle pas un champ inépuisable d’aventures romanesques, quasiment à la Dumas ?


Nous sommes donc en 1942, un groupe de réfugiés traverse une tempête dans la Manche en voulant gagner l’Angleterre. Bon, il y a bien quelques naufragés, mais la fine équipe, dirigée par Mathilde est sauvée, bébé compris au prix de quelques acrobatiques péripéties. J’aurais dû me méfier ! Mais tout va bien, les voilà sauvés. Cependant, Mathilde, outre qu’elle est cantatrice, n’est pas n’importe qui. Elle semble avoir une liaison (shoking !) avec un bel agent des services secrets britanniques qui oeuvre bien sûr, contre les nazis et en faveur des résistants français. Mathilde doit repartir pour une dangereuse mission, où ses jeunes compagnons, encore adolescents ont décidé de la suivre en se glissant subrepticement dans l’avion. Invraisemblance, mais bon, c’est le roman se dit-on. Envol, parachutage, rien que du classique. Pour pouvoir photographier des documents sur la fameuse bombe que les nazis préparent, Mathilde se fait embaucher dans un atelier de soierie, où elle se fait évidemment repérer. Cela devient excitant, juste ce qu’il faut pour tenir le lecteur en haleine.


Et tout à coup le roman bascule dans l’horreur, lors d’une scène épouvantable. L’auteur, si c’est bien le même, a-t-il voulu lourdement nous montrer que les Allemands n’étaient que des sauvages ? J’ai relu la scène à deux ou trois re-prises, croyant avoir mal lu. Totalement en décalage avec l’ambiance du reste du roman, cette scène de carnage est inutile, et à mon sens, n’apporte rien au roman, car imprévisible, voire choquante, mais qui bien sûr suffit à faire parler du livre, jusque-là plutôt « gentil ». Personnellement je n’ai pas apprécié ce racolage, mais toi, lecteur, peut-être ne partageras–tu pas cette répulsion ? Au total, cela reste un petit livre, sans grande littérature, tout au plus une trame de ce qui aurait pu être un assez bon livre s’il avait été mieux travaillé et qui pose la question de l’unité de ton d’un ouvrage.


Danièle Abraham-Thisse



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