Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé
Musée : 31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne I Horaires : mercredi et samedi après-midi de 14H00 à 17H00
Mise à jour mars 2026 l 06 14 48 09 99 l musee-emile-jean@gmail.com

La Grande Dépression.
La Grande Dépression, survenue après le krach boursier de 1929, représente la plus grave crise économique du XXe siècle, marquant un tournant décisif dans l'histoire économique et politique mondiale.
Les années 1920, connues comme les "Années folles" aux États-Unis, ont été marquées par une prospérité apparente fondée sur une spéculation boursière effrénée et un crédit facile. Les banques prêtaient massivement pour des achats sur marge à la Bourse de Wall Street, gonflant une bulle spéculative où les actions étaient surévaluées par rapport à la réalité économique. Parallèlement, des déséquilibres structurels s'accumulaient :
- Surproduction industrielle et agricole
- Inégalités sociales croissantes (les richesses se concentraient chez une minorité)
- Endettement des ménages et des fermiers
- Agriculture affaiblie par la chute des prix post-Première Guerre mondiale.
- Fragilité du système monétaire international, basé sur l'étalon-or britannique. Un rapatriement des capitaux américains investis à l'étranger était imminent.
Le 24 octobre 1929, dit "Jeudi noir", le krach boursier éclate à Wall Street : en quelques jours, les indices chutent de 40%, ruinant des millions d'investisseurs et provoquant la faillite de milliers de banques. La consommation s'effondre, entraînant une chute de la production industrielle (de 47% aux États-Unis) et agricole, avec un chômage explosant de 4% à 23% en 1933.
- La crise se propage mondialement : les États-Unis rapatrient leurs capitaux, asphyxiant les banques européennes.
- Le commerce international diminue de 65%.
En Europe, l'Allemagne est frappée par un chômage massif (30%), tandis que la France, plus rurale, résiste jusqu'en 1931 avant une récession profonde. Les gouvernements optent initialement pour le laissez-faire, aggravant la spirale par des hausses de droits de douane (comme le Smoot-Hawley Act américain).
Économiquement, le PIB américain chute de 30%, avec 9.000 banques en faillite et des millions de sans-abri ; en Europe, la pauvreté et la famine s'installent, comme en Allemagne. Socialement, des mouvements de protestation émergent (Bonus Army aux États-Unis), et la misère inspire des œuvres comme Les Raisins de la colère de Steinbeck. Politiquement, Franklin D. Roosevelt lance le New Deal dès 1933 : réformes bancaires, travaux publics massifs et intervention étatique pour relancer la demande, posant les bases de l'État-providence moderne.
En Allemagne, Hitler exploite le chômage pour accéder au pouvoir en 1933 via un réarmement autarcique ; en URSS, le régime communiste évite la crise, renforçant son propagande.
La Grande Dépression a ébranlé le capitalisme libéral, démontrant les limites du marché autorégulé, la vulnérabilité due à la connection des économies mondiales et favorisant ainsi l'interventionnisme keynésien mondial.
Par ses conséquences désastreuses, elle a mis en place les conditions favorisant l'ascension des totalitarismes (nazisme, fascisme) et du stalinisme, menant directement à la Seconde Guerre mondiale.
Pour aller plus loin : vous pouvez lire ou relire Les Raisins de la Colère de John Steinbeck. Au cours de la Grande Dépression, la famille Joad, chassée de sa ferme de l’Oklahoma par la sécheresse et la crise économique, traverse les États-Unis pour tenter de trouver du travail et une vie décente en Californie.
Le roman suit leur dérive, leurs épreuves et leurs humiliations face à l’exploitation paysanne et à l’indifférence sociale, tout en montrant la naissance d’une conscience collective et d’une colère qui prépare la lutte des opprimés
Philippe Caunois - Mars 2026 - AVHEC