Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé
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Horaires : mercredi et samedi après-midi
de 14H00 à 17H00
Mise à jour septembre 2026
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Envie de Lire : Desprairies Cécile, L’enfant du doute.
(Julliard, 2026, 211 pages)
On croit d’abord à une banale affaire de famille. Et ça l’est : L’ambiance familiale vue au travers des yeux et de la perception d’une enfant qui sent qu’elle n’est pas traitée comme les autres , tant par sa mère que par son père. Mais aussi par l’ami de la famille.
Négligée par les premiers, choyée par le second. D’abord elle ne comprend pas : elle subit. Ce n’est qu’en grandissant qu’elle commence à se poser des questions : pourquoi une telle différence de traitement ? Et pourquoi ces cheveux et ces yeux bruns dans un cercle de blonds aux yeux bleus ? Le doute et l’imaginaire se conjuguent autour de l’identité du père. Histoire familiale donc, et même identitaire, mais le roman n’est pas que cela. On évolue dans un milieu intellectuel et politique complexe, disons-le, de la collaboration au temps de l’Occupation aux crises des années gauliennes (1950/1960) : la « France-Afrique» ,les ventes d’armes les scandales politico-financiers, qui tous enrichissent et menacent l’équilibre familial, car père et ami, soit Loup et Mandarin, sont de hauts personnages de l’état, familiers des compromission, entretenant une amitié prégnante au- delà des couloirs du pouvoir.
Personnages fictifs ou doubles de réels : on ne sait. Description impitoyable de la vanité et de la légèreté d’épouses superficielles d’où surgit la mère, si belle et tant courtisée, enfermée dans ses silences qui entretiennent le doute. Tous réactionnaires, affichant avec hauteur un mépris de classe, un racisme et un antisémitisme glaçants que fustigent avec art la narratrice, avec peut être un écho contemporain.
Mais fallait- il mélanger les deux thèmes qui se côtoient sans jamais se fondre, : l’angoisse d’une enfant, puis d’une adulte doutant de ses racines et ce tableau critique d’un milieu social perverti, noyé jusqu’à la mort dans l’égoïsme, le mensonge et l’hypocrisie. J’ai lu vite, car moi aussi je voulais connaître la réponse aux interrogations de la narratrice. Je vous en laisse la découverte.
Je n’ai cependant pas retrouvé dans ce livre ni l’attrait ni le suspense de « La propagandiste », son précédent ouvrage que je conseille plutôt de lire ou de relire.
Danièle Abraham-Thisse
2026
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