Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé
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Mise à jour mars 2026
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La Terreur
La Terreur sous la Révolution française représente une phase extrême de violence politique institutionnalisée, marquée par des exécutions massives pour protéger la jeune République. Cette période, de septembre 1793 à juillet 1794, illustre les dangers d'une radicalisation idéologique face à des menaces internes et externes.
La Révolution française, déclenchée en 1789 par la crise financière et les inégalités sociales, évolue vers une instabilité croissante après la fuite du roi Louis XVI et la déclaration de guerre à l'Autriche et à la Prusse en 1792. La chute de la monarchie le 10 août 1792, suivie des massacres de septembre où plus d'un millier de prisonniers sont tués par des foules parisiennes, préfigure la Terreur.
Face à une coalition européenne monarchique et à des révoltes internes comme la guerre de Vendée ou les insurrections fédéralistes, la Convention nationale, dominée par les Montagnards (Robespierre, Danton, Saint-Just), proclame la République le 21 septembre 1792. L'exécution de Louis XVI en janvier 1793 accentue les pressions : pénuries alimentaires, inflation et sabotages réels ou supposés alimentent la paranoïa.
La Terreur s'instaure officiellement le 5 septembre 1793 avec la création du Comité de salut public, dirigé par douze membres dont Robespierre, et du Comité de sûreté générale, exerçant un pouvoir quasi dictatorial. La loi des suspects (17 septembre 1793) permet l'arrestation de quiconque paraît suspect : nobles, prêtres réfractaires, modérés girondins ou même révolutionnaires douteux.
Le Tribunal révolutionnaire, renforcé, juge sans appel ni défenseurs. La "Grande Terreur" culmine avec la loi du 22 prairial an II (10 juin 1794), accélérant les procès : de juin à juillet, 1.400 exécutions ont lieu à Paris par guillotine, dont Danton et ses alliés puis Robespierre lui-même le 27 juillet (9 thermidor). Au total, environ 17.000 condamnations à mort officielles, plus des noyades en Vendée et fusillades.
La chute de Robespierre met fin à la Terreur, mais laisse une société traumatisée : divisions entre factions, méfiance généralisée et économie ruinée. Les lois répressives sont abolies, mais les excès discréditent les idéaux jacobins.
À long terme, elle ouvre la voie au coup d'État de Napoléon Bonaparte en 1799, marquant le passage à l'Empire. En Vendée, la répression génocidaire (« colonnes infernales ») détruit une région entière.
Les conséquences de la Terreur dépassent nos frontière, en démontrant les risques d'une "vertu révolutionnaire" imposée par la force, inspirant à la fois terreur et fascination. Elle propage les idées de 1789 via les guerres révolutionnaires, abolissant la féodalité dans les "républiques sœurs" et semant les graines du nationalisme moderne.
Philosophiquement, elle pose les bases des débats sur la démocratie totale (Rousseau) versus les dérives totalitaires, préfigurant les purges staliniennes ou maoïstes. Son bilan controversé, mal nécessaire ou tyrannie, nourrit encore aujourd’hui les réflexions historiques sur la justice, les droits de l'homme et les limites du pouvoir d'exception dans les démocraties contemporaines.
Philippe Caunois - Mars 2026 - AVHEC