Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé


Le Service du travail obligatoire (STO) en France pendant la Seconde Guerre mondiale marque un tournant décisif dans l'histoire de la Résistance. Mis en place par le régime de Vichy en février 1943, il visait à fournir une main-
Le STO s'inscrit dans le cadre de l'Occupation allemande après la défaite française de 1940. Le régime de Vichy, dirigé par Philippe Pétain, adopte une politique de collaboration avec le Troisième Reich, particulièrement après l'invasion de la zone libre en novembre 1942. L'Allemagne, engagée sur le front de l'Est contre l'URSS depuis juin 1941, souffre d'une pénurie aiguë de main-
Avant le STO, Vichy tente la "Relève" en juin 1942 : des volontaires français partent en Allemagne en échange du rapatriement de prisonniers de guerre (un pour trois départs). Cette mesure échoue lamentablement, avec peu d'engagés, forçant Pierre Laval, chef du gouvernement, à céder aux exigences allemandes. Le 16 février 1943, la loi instaurant le STO est promulguée, obligeant les jeunes nés entre 1920 et 1922 (classes 40, 41, 42) à partir travailler en Allemagne pour une durée de deux ans, sous peine de sanctions. Fritz Sauckel, plénipotentiaire nazi au travail forcé, exige 250.000 travailleurs français supplémentaires en trois mois. Contrairement aux autres pays occupés, la France a été le seul à imposer cette réquisition par une loi nationale, soulignant l'extrême collaboration de Vichy.
Sa mise en œuvre débute par un recensement obligatoire des jeunes de 20 à 22 ans fin février 1943. Les incorporations massives ont lieu dès mars : plus de 250.000 départs entre février et avril, transportés en trains vers des usines allemandes, souvent dans des conditions inhumaines. Vichy déploie une propagande massive via affiches, radio et meetings, présentant le STO comme un "devoir" patriotique pour "protéger la famille et la race".
Rapidement, l'opposition s'organise. La Résistance, via les mouvements Combat, Libération et Franc-
Les réfractaires (estimés à 100.000 à 200.000) forment les noyaux des maquis : groupes armés dans les zones rurales comme le Vercors, la Glière ou le Mont-
Le STO a accéléré la naissance des maquis, transformant la Résistance d'urbaine et clandestine en armée des ombres, rurale et armée. En 1943, les premiers maquis émergent spontanément autour des réfractaires, équipés par des parachutages alliés post-
Socialement, le STO brise le mythe de Vichy comme "bouclier" contre les Allemands, provoquant un rejet massif : grèves, manifestations, évasions massives. Économiquement, il fournit à l'Allemagne une main-
Le STO n'est pas un événement isolé mais un catalyseur dans la Seconde Guerre mondiale. Il illustre la politique nazie de travail forcé, touchant 7 millions d'Européens, préfigurant les camps comme Auschwitz où le travail précède l'extermination. En France, il dope la Résistance intérieure, essentielle aux débarquements alliés de 1944 : les maquis fixent 20 divisions allemandes, facilitant la libération de Paris et de l'Europe occidentale.