Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

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Envie de Lire : Adèle Yon, Mon vrai nom est Élisabeth.

(Éditions du Sous-Sol, 2025, 288 pages)

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Un livre bouleversant sur les secrets de famille :


*Récemment, j’ai trouvé « Mon vrai nom est Élisabeth » d’Adèle Yon dans la bibliothèque de notre association.

Les trois premiers mots du titre « Mon vrai nom » m’ont interpellée, ils questionnent l’identité, l’ancrage dans la filiation. Alors je me suis laissée embarquer dans les 288 pages d’un roman-thèse mêlant enquête familiale et réflexions sur la maladie mentale.

Convaincue que les absences, les disparitions, les silences familiaux continuent d’influencer et d’altérer le présent, l’autrice entreprend une enquête minutieuse, afin de reconstruire le parcours de son arrière-grand-mère « Elisabeth », internée pendant 17 ans en hôpital psychiatrique.

Son récit biographique s’étend progressivement aux archives scientifiques et psychiatriques de l’époque. Et, bientôt transparaissent par bribes : la violence institutionnelle, le pouvoir de la médecine sur le corps et l’esprit, les stratégies familiales d’isolement orchestrées par les hommes de la famille, comme une mécanique implacable de normalisation sociale des femmes.

Adèle Yon scrute, analyse les archives comme de puissants outils de reconstruction.

« J’aime quand les archives perdent les pédales. Quand les mots ne rentrent plus dans les cases. Quand les registres et les voix s’entremêlent. C’est là qu’ils montrent leur vraie nature. Leur polyphonie. Leur artifice.»

Autant dire que la cause défendue par Adèle Yon pour Elisabeth m’a vivement impressionnée par la densité et la variété des sources explorées, par la superposition et la fragilité des mémoires individuelles et collectives, troublée par la facilité des humains à l’oubli, volontaire ou non. À cela, s’ajoutent la charge émotionnelle de l’autrice elle-même, sa peur d’une folie contagieuse, sa quête de vérité familiale nimbée dans un silence familial morbide. Comment ne pas être effarée par le sort réservé à Elisabeth, une femme parmi d’autres femmes « empêchées » ?

Le récit d’Adèle Yon est clair. Toutefois, les amateurs d’une lecture purement narrative, pourraient trouver ennuyeux certains passages consacrés à la « philosophie du double » ou le chapitre deux, consacré aux archives psychiatriques et au neurologue américain Walter Freeman qui a popularisé au niveau international, la pratique de la lobotomie à la chaîne.

 

Marie-Christine Petit-Devoize-Charton - 2026


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