Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

Musée : 31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne    I     Horaires : mercredi et samedi après-midi de 14H00 à 17H00

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L’épicerie Rollot.


Il n’y a pas si longtemps, elle était encore là ! Pimpante, et enguirlandée, attirant chalands, de son exubérante décoration.


Regardez, c’est François ROLLOT (et à droite, André, son fils aîné) dont le nom s’affiche fièrement entre deux fenêtres. François, c’est le fondateur morvandiau de l’épicerie, sise rue de la Station, aujourd'hui rue Le-noir. A l’origine il y avait là un relais de poste. A l’arrière de la boutique s’ouvrait un vaste hangar où s’abritaient les chevaux régalés de foin, et où l’on entreposait les réserves de marchandises et les tonneaux de vin. L’arrivée du train dans les an-nées 1850 entraîna la fermeture du relais, laissant place en 1869 à la poste de Villiers. Quand cette dernière migra en 1907 au 29 de la même rue (actuellement le magasin Atoll) le père Rollot l’acheta au début des années 20, la transformant en cette coquette épicerie. Elle eut un temps pour voisin la poissonnerie Wormser, avant que la famille Codis ne rachète aux Meunier le Café de l’Arrivée en 1936, ainsi qu’une partie des hangars pour y installer son billard. Grâce à l’ardeur et la passion de la famille ROLLOT, l’épicerie devait se maintenir jusqu’en 1980. C’est que le grand père Rollot ce n’était pas n’importe qui : combattant blessé de la première guerre mondiale, il réchappe de la grippe espagnole et des « fusillés pour l’exemple », à la suite de la révolte de son régiment.


C’est finalement avec citations et croix de guerre qu’il revient des champs de bataille. Il fonde une famille de trois fils, suit à Sucy une formation commerciale d’épicier (hé oui !), on ne rigolait pas avec le professionnalisme) et s’installe à Villiers, suivant son beau-frère, « monté » à Villiers avec 6 autres morvandiaux. Il devient apprenti charcutier chez les Miraton, dont le commerce s’était ouvert derrière la gare. Maurice, son fils et son épouse Odette reprennent le magasin en 1949. Entré aux chemins de fer pour échapper au STO durant la deuxième guerre mondiale, il approvisionnait le petit commerce par des allers-retours dans le Morvan d’où il remplissait ses valises de victuailles, à l’image de Bourvil dans la traversée de Paris. Débordant d’énergie, il devint vite une figure emblématique de la ville, cultivant ensuite trois activités : dés quatre heures du matin il filait aux halles, remplissait les rayons de l’épicerie avec son fils Jean Claude et sa fille Evelyne, avant de repartir prendre son poste à la gare de l’Est.

Passionné de football, bon joueur lui-même, il devint président de l’équipe villiéraine, puis trésorier de l’Entente Sportive de Villiers, trouvant encore le temps de jouer aux échecs dans le club de « la Dame Blanche » qui se réunissait chez son voisin au café de l’Arrivée. Aujourd’hui, la petite boutique a disparu, mais pas son souvenir, entretenu par ses descendants et notre mémoire collective.


Danièle Abraham-Thisse - Janvier 2026


Nos plus vifs remerciements à Jean Claude Rollot, petit fils de François et fils de Maurice, qui nous a transmis cette photo et nous a accordé la primeur de ses souvenirs familiaux, amicalement confortés par ceux de Mireille Codis-Laurenchet.



Tout au long de l’année, vous pourrez découvrir, à l'intérieur du musée Émile Jean, des collections et des expositions sur le thème Archéologie / Histoire (Programme de l'Association Villiéraine Historique et Culturelle Guillaume Budé).

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