Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

Musée : 31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne    I     Horaires : mercredi et samedi après-midi de 14H00 à 17H00

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François-Adrien Boieldieu, pianiste et compositeur.


Les Villiérains en 2024 vont écouter les mélodies d’un compositeur français François-Adrien Boieldieu, ayant vécu à cheval sur les XVIIIe et XIXe siècles. Ses créations musicales nous seront proposées lors des diverses manifestations pour le millénaire qui auront lieu dans notre commune. Il faut bien reconnaître que celles-ci sont un peu tombées dans les limbes des partitions oubliées. Pourtant il paraît juste de remettre à l’honneur les oeuvres de ce compositeur. Aussi j’ai souhaité à travers ces quelques lignes vous remémorer l’homme et le musicien qu’il fut pendant sa vie.


Cet auteur compositeur est né sous le règne de Louis XVI le 16 décembre 1775 et mort le 8 octobre 1834 sous la Monarchie de Juillet. Originaire de Rouen, son père était secrétaire à l’archevêché et sa mère, née Anne Marguerite Dumouchel, dirigeait une maison de mode. La demeure familiale était située au 61 rue des Ours dans la cité de Pierre Corneille.

C’est comme enfant de choeur à dix ans que les premiers éléments musicaux lui furent enseignés par l’organiste de la cathédrale, un nommé Broche qui fut l’élève de Louis Couperin, celui-ci ayant été l’organiste attitré du Roi Louis XV. Tout en l’appelant le petit Boiel, Broche était excessivement dur et brutal avec le jeune musicien, car il s’adonnait souvent à la boisson et le garçon en avait grand peur. Malgré ces maltraitances, il permit cependant à Boiel de faire de considérables et rapides progrès. L’adolescent remplaçait souvent son maître à l’orgue de la cathédrale durant les offices, lorsque celui-ci était ivre.

C’est peut-être cette raison qui a poussé le jeune François-Adrien à émigrer à Paris en 1794. Dans la capitale il est admiré grâce à son indiscutable talent de pianiste. Mais il ne reste pas longtemps dans cette cité et retourne à Rouen. Il veut être compositeur, car sa passion va au théâtre et le dirige naturellement vers la musique dite dramatique.

De retour dans la grande ville parisienne, il rencontre Garat, Méhul, Cherubini dont les conseils lui sont d’une grande utilité. Il compose « La Famille Suisse », « Le Pari » et « Zoraïme et Zulnar » cette dernière oeuvre étant son premier vrai succès. Il est à noter que le livret fut écrit par Saint-Just le 21 floréal de l’an VI.


Puis il enchaîne avec « La Dot de Suzette » qui sera jouée 50 fois.

En 1799 il écrit « Emma ou la Prisonnière » puis « Le Calife de Bagdad ». Malgré ces deux succès il s’arrête trois ans pour travailler avec Cherubini. En 1803 nouvelle oeuvre avec « Ma Tante Aurore », ouvrage amusant comportant de jolies mélodies, c’est un grand succès qui confirme ses qualités d’auteur.

A ce moment il rencontre une jeune et belle danseuse Clotilde-Augustine Malfleurai avec laquelle il a rapidement une fille qui naît le 19 mars 1802.

Il régularise sa situation en l’épousant, mais malheureusement pour lui, elle se révèlera être une femme volage. Il essaie de divorcer sans succès. Il part alors en Russie avec deux de ses amis Lamarre et Kreutzer.

Arrivé à Saint-Pétersbourg, le Tsar lui octroie la charge de maître de chapelle, en échange de quoi il doit écrire trois opéras par an. Boieldieu écrira dix opéras dont on ne trouvera que très peu de choses. Il compose également des marches militaires et la partition des « Deux Califes » qu’il n’achèvera pas. François-Adrien reste en Russie jusqu’en 1810 où le climat devint difficile pour les Français.

Les absents ont souvent tort : un rival nommé Nicolo l’avait supplanté en France, grâce au talent de deux cantatrices, mesdemoiselles Duret et Lemonnier. François-Adrien va tirer parti de la rivalité qui oppose les deux femmes. En avril 1812, il crée « Jean de Paris ». Cette oeuvre marque une date nouvelle dans sa carrière. Une autre oeuvre est composée en 1814, « Le Béarnais ou Henri IV en voyage ». Toutes ces compositions d’opéra eurent chacune un succès non négligeable. Il termine seul en 1818 « Le petit chaperon rouge », pièce chantée qui lui vaudra un triomphe.

Mais tous ces efforts vont affaiblir ses capacités physiques. Il en résultera une maladie grave nécessitant un long repos à la campagne. Vient-il alors à Villiers ?

Nous le retrouvons à Paris pour y être nommé professeur au conservatoire. Il succédera durant sept ans à son ami Méhul dans la classe reine, celle de la composition musicale.

Malgré sa santé, il professera pendant que concomitamment des bruits courent selon lesquels il écrit son prochain opéra qui se nommera La Dame blanche. L’inspiration lui vient peut-être à Villeneuve ou à Jarcy, mais rien ne dit qu’il aurait pu y travailler aussi lors d’une visite à Villiers ? Aucune indication précise n’est rapportée sur le lieu de composition de cet opéra. La Dame blanche, sa grande oeuvre, sera jouée cent cinquante fois l’année de sa création, car à cette époque Paris n’est pas encore la Ville Lumière, mais elle est la capitale internationale de l’opéra.

C’est un immense succès pour cette partition qui sera jouée 300 fois pendant deux années consécutives. Le 25 février 1826, elle est donnée en son honneur à l’Opéra de Rouen. Le compositeur est alors élu pour l’ensemble de son oeuvre à l’Académie des Beaux-Arts. Son épouse, la ballerine Clotilde-Augustine, décède le 22 janvier 1827. Il se remarie sans perdre de temps avec Jenny Bertin qu’il a connue lors de son voyage en Russie.

La millième représentation de la Dame blanche se déroulera bien après sa mort à l’Opéra-Comique de Paris le 16 décembre 1862, date anniversaire de sa nais-sance. Malheureusement atteint de phtisie laryngée, il est contraint d’abandonner ses cours au conservatoire. Un voyage à Pise lui est conseillé mais il en revient encore plus fatigué et malade. Son état de santé se dégrade rapidement. Il s’éteint à Jarcy près de Grosbois le 8 octobre 1834, entouré de sa famille. Son service funèbre se déroula dans l’église Saint-Louis des Invalides où il avait choisi le Requiem de son ami Cherubini pour l’accompagner musicalement pendant son dernier voyage.

Plus tard, Wagner, Weber, Schumann ont tous exprimé de l’admiration pour l’ensemble de ses oeuvres.

Un critique musical écrira : « Boieldieu musicien spirituel, plein de tact et de finesse, donnant à ses paroles une expression et un coloris qu’elles réclamaient sans s’attacher à jouer sur les mots ».

Actuellement, vous pouvez vous recueillir sur sa tombe au cimetière du Père-Lachaise dans la 11e division.

Venons-en à sa domiciliation dans notre commune. Il faut avouer qu’aucun document factuel ne prouve que ce compositeur y ait habité. La demeure supposée serait située au numéro 22 de l’actuelle rue du Général-de-Gaulle. Cette maison est aujourd’hui détruite. Cependant bien plus tard, M. Onfray, le maire de 1888 à 1892, propriétaire d’un café prit comme enseigne La Dame blanche. Ce notable fit également construire une demeure qu’il baptisa Villa Boieldieu. Il fit aussi apposer une plaque commémorative à l’entrée d’une grotte située dans un parc attenant à la propriété, ainsi qu’une table en pierre où au-rait travaillé l’auteur de la Dame blanche.

Une autre hypothèse peut être envisagée, celle d’une promotion commerciale du cafetier pour son établissement, afin d’attirer un plus grand nombre de clients.


Cette initiative audacieuse aurait été prise pour améliorer son commerce. Il serait alors le précurseur du marketing bien avant que cette méthode ne soit utilisée à grande échelle. Il aurait eu connaissance d’une éventuelle tradition orale sur le passage à Villiers du musicien et l’aurait utilisée à des fins publicitaires.

La question peut se poser, mais dans l’état actuel de nos recherches elle ne peut être en aucun cas prouvée, c’est une simple hypothèse et l’Histoire ne doit pas être corroborée avec des hypothèses. Par contre, elles peuvent servir à orienter de futures recherches vers une nouvelle documentation peut-être à découvrir.

En 1934, la municipalité, sous l’égide de M. Toury, le premier magistrat de la commune de l’époque, organise une importante manifestation, afin de commémorer le centenaire de sa disparition.

L’ensemble des compositions de François-Adrien Boieldieu sont les suivantes : 37 pièces et opéras, 45 recueils de romances, 4 sonates et divers concertos pour piano, harpe, violon et violoncelle.

Je vous encourage à écouter ces différentes pièces, particulièrement un passage du concerto pour harpe et orchestre en ut majeur qui fait partie, je dois vous l’avouer, de mon panthéon musical.


Philippe Marandon


 

Sources : L’Histoire de la musique chez Hatier - Archives SHV numéro spécial / Villiers méconnu et le bulletin n° 31.


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