
« La trêve des confiseurs » :
La France va bientôt entrer dans la période de la "trêve des confiseurs". Mais d'où vient cette expression ?
Les parlementaires ne siègent pas en fin d’année et il ne devrait pas y avoir de Conseil des ministres entre le 25 décembre et le 1er janvier. C'est ce qu'on appelle "la trêve des confiseurs".
Cette expression a une origine politique qui remonte à plus de 120 ans. En effet, le 24 décembre 1874, les républicains, en position de force, exigent le débat sur la future constitution de la IIIe République, mais les monarchistes et les bonapartistes cherchent à le retarder le plus possible.
Le monarchiste Albert de Broglie dira : "On convint de ne pas troubler par nos débats la reprise d'affaires commerciales qui, à Paris et dans les grandes villes, précèdent toujours le jour de l'an." La presse satirique fera ses choux gras de cette pause et parlera de « trêve des confiseurs », période où on laisse les fêtes prendre le pas sur la vie politique.
Finalement, la date du 5 janvier sera retenue.
Quelques jours plus tard, à la fin du mois de janvier 1875, l'amendement Wallon, fondateur de la République, est adopté. Il s'agit d'une proposition qui insère l’article suivant : "le président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages par le Sénat et la Chambre des députés réunis en Assemblée nationale. Il est nommé pour sept ans. Il est rééligible."
Le mot "République" entre dans la Constitution.
Depuis cette date, tous les ans, les députés et sénateurs ne siègent pas pendant cette période.
La République s'est installée, l'expression est restée.
Philippe CAUNOIS -
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