Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé

Le 6 février 1934 marque un tournant tragique dans l'histoire de la IIIe République française, avec des émeutes sanglantes place de la Concorde à Paris. Cet événement, né d'une manifestation d'extrême droite, ébranle le gouvernement et ouvre la voie à une polarisation politique profonde.
La France des années 1930 est minée par une grave crise économique et un scandale politico-
Les ligues d'extrême droite, Action française, Jeunesses patriotes, Croix-
Dès l'après-
Le service d'ordre, composé d'agents à cheval, de gardes républicains et de pompiers, forme un barrage sur le pont de la Concorde. Les tensions montent : projectiles (pierres, lances d'incendie volées) pleuvent sur les forces de l'ordre, un bus est incendié, le ministère de la Marine est assailli. Vers 19h30, les premiers tirs à balles réelles éclatent ; la police, lapidée depuis des heures, riposte violemment.
La nuit transforme la manifestation en émeute : charges de cavalerie, barricades improvisées, fusillades nourries. À 23h30, un déblaiement général refoule les émeutiers vers les Champs-
Daladier proclame l'état de siège dans la nuit, mais démissionne le 7 février sous la pression de la rue. C’est la première fois qu'un gouvernement français tombe ainsi, sans vote parlementaire. Un cabinet Doumergue, plus conservateur, prend le relais avec pouvoirs exceptionnels, votés par le Parlement.
Les jours suivants voient l'escalade : manifestations de droite les 7 février, contre-
La crise accélère l'union des gauches : PCF et SFIO préparent le Front populaire victorieux en 1936, tandis que les droites se radicalisent, flirtant avec le fascisme. Le "mythe du 6 février" naît : pour la droite, c’est une tentative légitime de régénération ; pour la gauche, c’est un complot fasciste avorté.
Des commissions d'enquête, comme celle du député Pierre Appell, pointent les failles policières et les excès des deux côtés, sans responsables clairs. L'événement reste une des plus sanglantes émeutes de la IIIe République depuis Fourmies (Le 1er mai 1891, l’armée française a tiré sur des manifestants dans cetteville du nord de la France).
Encore aujourd’hui, le 6 février 1934 symbolise la fragilité républicaine face à la rue, dans un contexte économique tendu rappelant les années 1930.