Association Villiéraine Historique

et Culturelle Guillaume Budé

Accueil (Mobile)
Accueil
L’association Guillaume Budé
Nos activités
Blog
Préparer ma visite / Contact

31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne

Horaires : mercredi et samedi après-midi

de 14H00 à 17H00


Qui sommes-nous ?  I  Actualités

Millénaire de Villiers-sur-Marne

Mentions légales  l  Plan d’accès

Mise à jour mai 2026

06 14 48 09 99

musee-emile-jean@gmail.com
Accueil (Mobile)attentat-de-sarajevo.jpg

L’attentat de Sarajevo.


L'attentat de Sarajevo, survenu le 28 juin 1914, marque un tournant tragique de l'histoire mondiale en déclenchant la Première Guerre mondiale. Cet événement, souvent qualifié d'étincelle du conflit, révèle les tensions nationalistes et les rivalités impérialistes qui fragilisaient l'Europe.


L'Empire austro-hongrois contrôlait la Bosnie-Herzégovine depuis son annexion en 1908, provoquant l'ire des nationalistes serbes rêvant d'une Grande Serbie ou d'une Yougoslavie unifiée.


Le 28 juin 1914, l’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône austro-hongrois, et son épouse, Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, visitait Sarajevo pour célébrer le 525e anniversaire de la bataille de Kosovo, un symbole serbe, ce qui attisait les haines.

Lors d'une parade militaire, une bombe manquée explosa près du cortège, blessant des officiers. François-Ferdinand, insouciant, poursuivit sa visite, mais une erreur d’itinéraire de la voiture ducale le mena droit sur le nationaliste serbe Gavrilo Princip, membre du groupe Jeune Bosnie (Mlada Bosna), posté près d'un café. Il tire et tue l’archiduc et son épouse.


L'Autriche-Hongrie accusa vite la Serbie de complicité.

Le 23 juillet, Vienne envoya un ultimatum draconien à Belgrade pour supprimer les propagandes anti-autrichiennes, dissoudre les groupes nationalistes, arrêter les suspects et autoriser une enquête austro-hongroise sur sol serbe. La Serbie accepta presque tout le 25 juillet, sauf l'enquête intrusive, proposant l'arbitrage international.

Vienne rompit les relations diplomatiques, mobilisa ses troupes et déclara la guerre le 28 juillet, soutenue par l'"Allemagne du chèque en blanc".

La Russie mobilisa pour protéger son alliée serbe, menaçant l'Autriche. L'Allemagne déclara la guerre à la Russie le 1er août, puis à la France le 3 août, invoquant le plan Schlieffen qui traversait la Belgique neutre. Le Royaume-Uni entra en guerre le 4 août pour défendre la Belgique.

Les accords en place transforment ce conflit balkanique en guerre totale : Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie initialement) contre Triple Entente (France, Russie, Royaume-Uni).

Les nationalismes, le militarisme et la course aux armements des décennies précédentes aboutissent au déclenchement de la Première Guerre mondiale (1914-1918) qui fera environ 10 millions de morts et 20 millions de blessés.

Économiquement, l'Europe s'effondra : hyperinflation en Allemagne, endettement français, chute de la rente à 3% en France. Socialement, ce fut une saignée générationnelle, soldats tués, éxécutions et la grippe espagnole qui vint aggraver ce bilan.


Les traités de 1919-1920 redessinèrent la carte : l'Empire austro-hongrois explosa en Autriche, Hongrie, Tchécoslovaquie, Yougoslavie. La Serbie forma le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (future Yougoslavie). L'Empire allemand perdit des territoires, l'Empire ottoman s'effrita.

La Société des Nations (SDN) naquit pour prévenir les guerres, mais échoua. Les humiliations du traité de Versailles semèrent les graines du nazisme et de la Seconde Guerre mondiale.

Sarajevo symbolise comment un acte isolé peut embraser le monde via des alliances rigides. Gavrilo Princip fut condamné à 20 ans mais mourut en 1918 de tuberculose. Le pont Latin où il tira est aujourd'hui un lieu de mémoire touristique.


Des décennies plus tard, Sarajevo revit la guerre lors du siège bosniaque (1992-1996), avec 10.000 morts civils, reliant symboliquement 1914 aux conflits yougoslaves nés des mêmes fractures ethniques.


Cet attentat, considéré comme l’élément déclencheur de la Première Guerre mondiale, rappelle la fragilité de la paix face aux nationalismes exacerbés.


Philippe Caunois -  Mai 2026



Tous les articles Petite note d’Histoire