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« Propre sur elle » :

scène de la vie ordinaire


Un échevellement de nuages plombe le ciel, mais la menace d’averses ne semble pas préoccuper les nombreuses personnes qui se pressent devant les étals des rues voisines du marché. A proximité de la poste, parmi d’autres étals, je vois un jeune homme installant le sien, composé d’un cageot de légumes vide, posé verticalement sur champ et un autre horizontalement, où je vois quatre petits sachets transparents, contenant pour l’un d’eux deux têtes d’ail blanc, deux autres quelques échalotes et le dernier quatre oignons ronds.

Cette image en fait surgir d’autres dans mon esprit et que j’ai vécues: ce type qui vendait devant les terrasses de cafés à La Paz, du beurre en vrac ou cet autre, coiffé d’une vingtaine de cravates nouées on ne sait comment autour de sa tête, en proposait dans un train en Haute-Volta (à l’époque) ou enfin, ce très vieil homme assis en tailleur sur un marché de Calcutta proposant à même le sol une poignée de clous rouillés et pour une grande part, tordus. Banales images d’une pratique commerciale universelle, celle de la petite distribution et de la précarité.


Quant à moi, je me retrouve peu après au Portugal sur le marché de Villiers avec le sourire lusitanien de celle qui me tend mon sac de poissons et je me dirige vers la boulangerie du bas de la rue. Je patiente lentement dans la file qui me mène vers la caisse. Distraitement, j’entends la voix de la vendeuse, pétrie de civilités automatiques et nécessitées par sa fonction : »bonjour, au revoir et merci ! » et qui conjugue les verbes à tous les temps : « qu’est-ce que ce s’ra ?, « vous prendrez quoi ? », « je vous le tranche ? », « c’est tout c’qui fallait ? », avec une préférence pour le futur.

Soudain, la dame devant moi, tête permanentée aux légers reflets bleu lagon, imper, caddie de rigueur et « propre sur elle », chuchote au téléphone : » le gars que tu cherches, il est en bas en face de la boulangerie ! »

Eberlué, je suis son regard et je vois, l‘espace de quelques secondes, le « malfaiteur » (la copie du gars d’en haut avec son cageot) prestement disparaître. Quelques instants plus tard, apparaît un homme, le visage un peu congestionné, la bouche entrouverte, qui jette des regards alentour. Soudain, cerise sur la délation, la dame « propre sur elle » ajoute : « je crois qu’il a caché sa marchandise derrière la table à droite ! ».

Lui, réajuste son espèce de téléphone qui ballotte sur son ventre bedonnant et disparaît de notre champ de vision à la recherche du dangereux contrevenant. Le regard de la dame-indic, indique une certaine déception, mais, le front altier et digne, elle sort.


Petite histoire, petits moments de la vie ordinaire, alors que le ciel se déchire en une pluie fine.


Joël JAMET - Octobre 2025



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