Association Villiéraine Historique
et Culturelle Guillaume Budé
Musée : 31, rue Louis Lenoir 94350 Villiers-sur-Marne I Horaires : mercredi et samedi après-midi de 14H00 à 17H00
Mise à jour septembre 2026 l 06 14 48 09 99 l musee-emile-jean@gmail.com

Villiers-sur-Marne pendant la Seconde Guerre mondiale : Résistance, Occupation et mémoire.
Quand la guerre bouleverse la vie quotidienne.
Entre 1939 et 1945, la Seconde Guerre mondiale bouleverse l'Europe et transforme profondément la vie de millions de personnes. Loin des grands champs de bataille, les populations civiles subissent l'Occupation, les restrictions, les arrestations et les persécutions.
Villiers-sur-Marne, commune située à l'est de Paris, appartient à cet espace francilien marqué par la présence allemande et les politiques de répression du régime nazi et de l'État français. Derrière l'histoire générale de la guerre se dessinent des destins individuels : des habitants arrêtés, des familles persécutées, des résistants engagés dans la lutte clandestine et des personnes qui tentent de survivre dans un contexte de peur et d'incertitude.
Comment la Seconde Guerre mondiale a-t-elle transformé la vie des habitants de Villiers-sur-Marne ? Pour répondre à cette question, il faut s'intéresser à l'Occupation, aux persécutions, aux parcours de résistance et au travail de mémoire qui permet aujourd'hui de retrouver ces histoires locales.
Villiers-sur-Marne dans la France occupée :
La défaite de 1940 et l'installation de l'Occupation.
En mai et juin 1940, l'armée allemande lance son offensive contre la France. La défaite française entraîne l'Armistice du 22 juin 1940 et l'occupation d'une partie du territoire.
Dans la région parisienne, les habitants doivent composer avec une nouvelle réalité politique et militaire. La présence des autorités allemandes, les décisions du gouvernement de Vichy et les restrictions imposées à la population modifient les conditions de vie.
Comme dans de nombreuses communes françaises, les habitants de Villiers-sur-Marne sont confrontés aux difficultés du quotidien : approvisionnement, pénuries, surveillance et incertitude concernant le sort des proches mobilisés, prisonniers ou engagés dans la lutte clandestine.
Il convient toutefois de distinguer les réalités générales de l’Occupation des événements précisément documentés à Villiers-sur-Marne. L'histoire locale nécessite de s'appuyer sur les archives municipales, les témoignages et les dossiers individuels.
La Ville de Villiers-sur-Marne indique que ses archives proposent notamment un travail consacré à la commune pendant la Seconde Guerre mondiale.
Les restrictions et les difficultés quotidiennes.
La guerre ne se résume pas aux affrontements militaires. Pour les civils, elle se traduit également par une dégradation des conditions de vie.
Les restrictions alimentaires, les difficultés d'approvisionnement et la circulation contrôlée des personnes font partie des réalités de la France occupée. Les familles doivent apprendre à s'adapter, à économiser et parfois à recourir à des réseaux d'entraide.
Ces expériences, souvent absentes des grandes chronologies militaires, permettent de comprendre comment la guerre s'inscrit dans la vie des villes et des villages.
À Villiers-sur-Marne, la recherche historique peut ainsi s'intéresser aux commerces, aux écoles, aux familles, aux institutions municipales et aux transformations du quotidien durant cette période.
La persécution des Juifs : des destins brisés :
La politique antisémite et les arrestations.
La Seconde Guerre mondiale est également marquée par la persécution et l'extermination des Juifs d'Europe.
En France, les mesures anti-sémites se multiplient à partir de 1940. Le régime de Vichy adopte des statuts discriminatoires, tandis que les autorités allemandes organisent la persécution, les arrestations et les déportations.
Ces politiques touchent également des habitants de communes de la région parisienne, dont Villiers-sur-Marne.
Les archives documentaires rassemblées par l'association AJPN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie) permettent de retrouver plusieurs parcours individuels liés à la commune.
La famille Mendelsweig.
En juillet 1942, Maurice Mendelsweig et son épouse Fanny, domiciliés à Villiers-sur-Marne, sont arrêtés parce qu'ils sont juifs. Ils sont ensuite déportés de Drancy vers Auschwitz, où ils meurent en septembre 1942 selon les informations documentées par l'AJPN.
Leurs enfants, Georges et Jeanine, survivent grâce notamment à l'intervention d'Hélène Cornu Zemmour, qui contribue à leur sauvetage.
Derrière ces quelques informations se trouve une histoire familiale tragique. La persécution ne touche pas seulement les individus arrêtés : elle brise les familles, sépare les enfants de leurs parents et bouleverse durablement les existences.
L'étude de ces parcours permet de comprendre que la Shoah ne constitue pas une réalité lointaine ou abstraite. Elle a également touché des familles vivant dans les villes et les quartiers de la région parisienne.
La famille Adass.
Un autre parcours documenté concerne Itzki et Rose Adass, domiciliés rue des Bellevues à Villiers-sur-Marne.
Arrêtés en janvier 1943 parce qu'ils sont juifs, ils sont déportés vers Auschwitz en février 1943. Leurs quatre enfants survivent, cachés dans différentes régions de France.
Ces histoires invitent à s'interroger sur le rôle des personnes qui ont aidé des familles persécutées. Dans certains cas, des voisins, des connaissances ou des réseaux organisés ont contribué à protéger des enfants et des adultes menacés.
L'histoire de la persécution doit donc être étudiée à travers plusieurs dimensions : les politiques antisémites, les arrestations, les déportations, les actes de solidarité et les parcours des survivants.
La Résistance et la répression :
Résister dans la France occupée.
Face à l'Occupation et à la politique de collaboration, des femmes et des hommes s'engagent progressivement dans la Résistance.
Leurs actions prennent des formes variées : diffusion de tracts, transmission de renseignements, aide aux personnes recherchées, organisation de réseaux clandestins et participation à des opérations de sabotage.
La Résistance ne constitue pas un mouvement homogène. Elle rassemble des personnes aux origines sociales et aux convictions politiques différentes, qui peuvent agir dans des organisations distinctes.
À l'échelle de Villiers-sur-Marne et de ses environs, l'étude des archives permet de rechercher les parcours des habitants engagés dans ces actions et de comprendre les relations entre les réseaux locaux et les structures de la Résistance en région parisienne.
Jean Romanet : un parcours de répression.
Les documents de l'AJPN présentent notamment le parcours de Jean Romanet, domicilié avenue des Luats à Villiers-sur-Marne.
Arrêté en janvier 1941 pour propagande, il est interné à Aincourt, puis transféré à Compiègne. Il est déporté vers Auschwitz en juillet 1942 et meurt au camp en février 1943, selon les informations rapportées dans cette base documentaire.
Son parcours illustre les mécanismes de la répression politique et de la déportation. Il rappelle également que les persécutions nazies et les arrestations menées par les autorités françaises ont concerné des personnes engagées politiquement ou considérées comme opposantes.
L'étude de tels destins doit s'appuyer sur des sources historiques croisées afin de préciser les circonstances des arrestations, les parcours d'internement et les conditions de déportation.
1944 : la Libération et le retour de la liberté :
Une période de bouleversements.
L'année 1944 marque un tournant dans la Seconde Guerre mondiale. Le débarquement allié en Normandie, le 6 juin, ouvre une nouvelle phase de la libération du territoire français.
À partir de l'été 1944, les forces allemandes reculent progressivement face à l'avancée des Alliés et aux actions de la Résistance.
La région parisienne connaît alors une période de tensions et d'affrontements. Les événements de la Libération doivent être étudiés à partir des archives locales afin de reconstituer avec précision ce qui s'est déroulé à Villiers-sur-Marne.
La Ville de Villiers-sur-Marne conserve notamment une édition spéciale du Petit Villiérain consacrée à la Libération de la commune. Cette ressource constitue une piste intéressante pour approfondir l'histoire locale.
Après la guerre : reconstruire et se souvenir.
La fin de la guerre ne signifie pas immédiatement le retour à une vie normale.
Les familles doivent faire face aux pertes humaines, aux disparitions, aux traumatismes et aux conséquences matérielles du conflit. Les survivants des camps, les anciens prisonniers et les personnes ayant vécu la clandestinité portent des expériences souvent difficiles à transmettre.
Dans les années qui suivent, les communes mettent progressivement en place des formes de commémoration et de transmission de la mémoire.
À Villiers-sur-Marne, le travail des archives municipales participe à cette démarche. Il permet de faire connaître l'histoire de la commune et de proposer des ressources éducatives consacrées à la Seconde Guerre mondiale.
Pourquoi se souvenir de l'histoire de Villiers-sur-Marne ?
L'histoire de Villiers-sur-Marne pendant la Seconde Guerre mondiale s'inscrit dans celle de la France occupée, mais elle possède aussi une dimension profondément locale.
Les parcours des familles juives persécutées, les destins des personnes arrêtées et déportées, l'engagement des résistants et les événements de la Libération permettent de comprendre comment un conflit mondial bouleverse la vie d'une commune.
L'histoire locale donne un visage humain aux grands événements historiques. Elle transforme les dates et les statistiques en récits individuels, en souvenirs familiaux et en questions de société.
Étudier Villiers-sur-Marne pendant la Seconde Guerre mondiale, c'est donc chercher à comprendre les mécanismes de la persécution, les formes de résistance, les conséquences de la guerre et la manière dont une ville entretient la mémoire de son passé.
La transmission de cette histoire contribue à préserver les traces du passé et à encourager les nouvelles générations à s'interroger sur les valeurs de liberté, de solidarité et de dignité humaine.
Philippe Caunois - Septembre 2026
L’exposition « Déportés et Résistants villiérains »sera ouverte au public à partir du 19 septembre 2026